Chère Laurie,

Je suis ravie de voir que le blog a continué de vivre en mon absence.
Me voilà de retour de mon voyage au Japon. C'était extrêmement éprouvant et enrichissant. Je voudrais tellement partager avec toi tout ce que j'ai vécu pendant ce mois. Malheureusement, nous ne nous reverrons pas avant longtemps je pense et ça devra se faire petit à petit, par le biais de photos et d'anecdotes par ci par là. Je pense fort à toi.

C

Photo numérique: canon digital IXUS 60

Un Réalisateur dans la ville de Nîmes


"Un vrai festival de cinéma avec master class, ambiance "Croisette" et le plaisir d’assister dans le cadre majestueux des Jardins de la Fontaine à la projection de 5 films parmi les meilleurs du cinéaste invité. 
Cette année, il s’agit de Claude Lelouch et c’est Un homme et une femme (1966) qui ouvrira le festival. Cette histoire d’amour toute simple sur une musique qui a fait le tour du monde (Palme d’or au Festival de Cannes, deux Oscars à Hollywood, 42 récompenses internationales)."
C'est ainsi que le site de la ville de Nîmes (http://www.nimes.fr) esquisse la magie de cette rétrospective, de nuit, sur grand écran, avec les étoiles pour plafond et la brise pour compagne. Une magnifique expérience qui me permet de découvrir un peu plus les films de Lelouch, que je connais si mal.
Plus de mille personnes étaient présentes lundi soir pour assister à la projection d'Un homme et une femme. Un discours d'ouverture nous a permis d'en apprendre un peu plus sur ce film, qui alterne pellicule couleur et noir et blanc faute de moyens. Peu importe, Lelouch nous offre un magnifique spectacle d'émotions et de simplicité, jouant sur les plans et utilisant au mieux les contrastes couleurs/ noir et blanc. On y retrouve une Anouk Aimée très belle et touchante, et la plage de Deauville comme jamais.
Hier soir, à la tombée de la nuit, c'est Roman de gare (2007), bien plus récent, qui nous a été présenté. Le film s'ouvre sur Judith Ralitzer (Fanny Ardant) en noir et blanc au commissariat, portrait à la fois beau et tragique. Il faut revenir dans le passé pour comprendre comment et pourquoi cette écrivain renommée fut arrêtée. Le scénario bien construit tient en haleine jusqu'au bout avec de nombreux rebondissements, et un suspens qui joue sur les quiproquos et les malentendus. Les montagnes, Paris, la mer, nous offrent des scènes magnifiques, que Lelouch nous redonne par son oeil exercé et sa maîtrise de la caméra.
Ce soir, c'est Itinéraire d'un enfant gâté, avec Belmondo et Anconina, qui nous fera l'honneur de venir dérouler son histoire au milieu de la splendeur des Jardins de la Fontaine. Suivi jeudi par Tout ça pour ça (1994) et vendredi par  Les uns et les autres (1981).

L

Le bouquet


   Son regard allait d’un côté et de l’autre, ne sachant où se fixer. Sa main tendue en avant. Très attentive. Soudain, elle s’arrêta. Là, elle l’avait vue. Là, un peu cachée sous les hautes herbes. La fleur parfaite. Avec des petites clochettes bleues. Et un papillon dans les cheveux. Elle tendit la main. Le papillon s’envola, la fleur céda. Un peu de sève coula de la tige décapitée. Les clochettes tintaient silencieusement au bout des doigts de l’enfant. La belle trouvaille fut ajoutée au bouquet. La plus belle des fleurs. Elle la contempla longtemps, fascinée par les petits pistils blancs qui dépassaient.

   Et là ! Celle-là ! Magnifique ! Il me la faut ! L’enfant avance la main. Pose délicatement le bout de ses doigts sur la tige palpitante. Attend. Regarde les jolis pétales rouges qui dansent dans l’air du matin, un air frais et mélodieux. Serre. Un peu plus fort. Tire un coup sec. Tout tremble, jusqu’aux racines. La fleur en trophée rejoint les autres en valse colorée.

   Le temps d’arriver à la maison, la moitié a fané. L’autre pend. Malgré l’eau froide. Les pétales ont ramolli. La tige toute faible se courbe de tristesse. Un rayon de soleil caresse ses joues flétries.

L

Koï, les tribulations d'une carpe




Allongée dans l'herbe, les yeux levés vers le ciel, je regarde en rêvant s'étirer les nuages. Le temps est comme suspendu, on entend gazouiller les oiseaux et un petit ruisseau caché derrière les arbres.

Il est des endroits magiques, en plein cœur des villes, où toute technologie semble avoir disparu. Les bosquets forment un écran que les bruits des voitures ne parviennent pas à percer. Tout est calme, les gens se promènent, détendus, se ressourçant, absorbant la quiétude de la nature – plantée par les hommes, mais reposante et bienfaisante quand-même. Après le stress de la journée, après des heures passées dans des tours de béton, dans d'immenses arbres d'acier et de verre, qu'il est bon de contempler la nature.

Les branches sur le ciel forment des arabesques folles et des dessins étranges que je suis de mes yeux rêveurs. Plus rien n'existe autour de moi.