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Journal du 30 septembre


Il faut en finir !

Ecrire un livre, faire une bande-dessinée, peindre un tableau… Tout un travail. Une véritable rencontre avec soi-même. Un questionnement infini.

Que veut-on exprimer ? Et comment ?

L’évolution constante de notre personnalité remet inlassablement notre travail en cause. Nos réflexions, nos envies, nos capacités changent et influent à chaque instant sur l’œuvre en cours d’élaboration.

Baisser les bras ? Hors de question. Il faut finir.

On compose avec ce que l’on est au jour le jour. Chaque œuvre est nous tout entier et des étapes de nous jour après jour.

Avec cette question en filigrane : où cela nous mènera-t-il ?

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Journal du 20 septembre

           Je viens de faire refaire ma carte de tram. Petit geste anodin? Quand elle a fini dans le tiroir de la secrétaire, je me suis souvenue avec un pincement au coeur du jour où je l'avais fait faire pour la première fois. A mon retour d'Irlande. A mon entrée en master. Sa création marquait le début d'un nouveau cycle, d'un nouveau moi. Je devenais Bordelaise et j'allais prendre le tramway tous les jours.
          Aujourd'hui, j'ai obtenu mon master haut la main et je commence à préparer l'agrégation. Un nouveau cycle s'ouvre. Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Mais au fond, cette journée sera-t-elle vraiment différente des autres? Ce n'est pas le nombre des jours qui compte, c'est ce que nous en faisons.

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Un Réalisateur dans la ville de Nîmes


"Un vrai festival de cinéma avec master class, ambiance "Croisette" et le plaisir d’assister dans le cadre majestueux des Jardins de la Fontaine à la projection de 5 films parmi les meilleurs du cinéaste invité. 
Cette année, il s’agit de Claude Lelouch et c’est Un homme et une femme (1966) qui ouvrira le festival. Cette histoire d’amour toute simple sur une musique qui a fait le tour du monde (Palme d’or au Festival de Cannes, deux Oscars à Hollywood, 42 récompenses internationales)."
C'est ainsi que le site de la ville de Nîmes (http://www.nimes.fr) esquisse la magie de cette rétrospective, de nuit, sur grand écran, avec les étoiles pour plafond et la brise pour compagne. Une magnifique expérience qui me permet de découvrir un peu plus les films de Lelouch, que je connais si mal.
Plus de mille personnes étaient présentes lundi soir pour assister à la projection d'Un homme et une femme. Un discours d'ouverture nous a permis d'en apprendre un peu plus sur ce film, qui alterne pellicule couleur et noir et blanc faute de moyens. Peu importe, Lelouch nous offre un magnifique spectacle d'émotions et de simplicité, jouant sur les plans et utilisant au mieux les contrastes couleurs/ noir et blanc. On y retrouve une Anouk Aimée très belle et touchante, et la plage de Deauville comme jamais.
Hier soir, à la tombée de la nuit, c'est Roman de gare (2007), bien plus récent, qui nous a été présenté. Le film s'ouvre sur Judith Ralitzer (Fanny Ardant) en noir et blanc au commissariat, portrait à la fois beau et tragique. Il faut revenir dans le passé pour comprendre comment et pourquoi cette écrivain renommée fut arrêtée. Le scénario bien construit tient en haleine jusqu'au bout avec de nombreux rebondissements, et un suspens qui joue sur les quiproquos et les malentendus. Les montagnes, Paris, la mer, nous offrent des scènes magnifiques, que Lelouch nous redonne par son oeil exercé et sa maîtrise de la caméra.
Ce soir, c'est Itinéraire d'un enfant gâté, avec Belmondo et Anconina, qui nous fera l'honneur de venir dérouler son histoire au milieu de la splendeur des Jardins de la Fontaine. Suivi jeudi par Tout ça pour ça (1994) et vendredi par  Les uns et les autres (1981).

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Le bouquet


   Son regard allait d’un côté et de l’autre, ne sachant où se fixer. Sa main tendue en avant. Très attentive. Soudain, elle s’arrêta. Là, elle l’avait vue. Là, un peu cachée sous les hautes herbes. La fleur parfaite. Avec des petites clochettes bleues. Et un papillon dans les cheveux. Elle tendit la main. Le papillon s’envola, la fleur céda. Un peu de sève coula de la tige décapitée. Les clochettes tintaient silencieusement au bout des doigts de l’enfant. La belle trouvaille fut ajoutée au bouquet. La plus belle des fleurs. Elle la contempla longtemps, fascinée par les petits pistils blancs qui dépassaient.

   Et là ! Celle-là ! Magnifique ! Il me la faut ! L’enfant avance la main. Pose délicatement le bout de ses doigts sur la tige palpitante. Attend. Regarde les jolis pétales rouges qui dansent dans l’air du matin, un air frais et mélodieux. Serre. Un peu plus fort. Tire un coup sec. Tout tremble, jusqu’aux racines. La fleur en trophée rejoint les autres en valse colorée.

   Le temps d’arriver à la maison, la moitié a fané. L’autre pend. Malgré l’eau froide. Les pétales ont ramolli. La tige toute faible se courbe de tristesse. Un rayon de soleil caresse ses joues flétries.

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La chasse aux papillons


Deux ailes bleues sur une fleur blanche.
Deux petites antennes au milieu des herbes folles, taquinées par le vent.
Deux yeux bleus tapis au sol. 
Un champ de cheveux blonds. 
Une main s’avance prudemment, les doigts tendus. 
Le papillon ne l’a pas vue. 
Une main toute petite, toute menue, 
Si proche, elle va l’avoir. 
Les doigts s’écartent, se raidissent, tremblent un peu. 
La main se ferme. 
La fleur vacille, proteste, remue. 

Un pétale tombe.

Le papillon s’envole.

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Le retour


Mémoire, mémoire, mon doux mémoire, dis-moi… qui est en vacances ??

Je suis navrée de m’être ainsi débarrassée de toi, mais ce n’était plus possible entre nous. 
Tu es trop long, trop lent, trop bavard. Il fallait que je me libère, que je passe à autre chose.

Tu sais, je ne regrette rien. Ces deux ans en ta compagnie ont été intenses et enrichissants, mais voilà… 
Le reste de ma vie m’attend. Les cent pages à venir se feront sans toi. Non, ne sois pas triste, 
Je ne t’oublierai jamais.

                Avec mes regrets et ma gratitude,
Ton étudiante à jamais, L.

Aujourd'hui, un poème écrit pour l'Atelier d'écriture de Bordeaux III, dont vous pouvez retrouver l'activité ici: http://carnetsmontaigne.wordpress.com/
Tiré d'une phrase surréaliste: "un ruban bleu ma douce vagabonde".
           VOYAGE

           Un ruban bleu, ma douce vagabonde,
           qui tresse son sillage dans l’air du temps 
           et, emporté par le vent, échoue on ne sait où. 

           Un ruban. Ma vagabonde. 
           Mais où te caches-tu ? 
           Le temps a fui et le ciel 
           n’apparaît plus dans tes yeux irréels.
  
           Un ruban, mais…
           Tout est flou. Feuille sépia d’automne qui tombe.  
           Un ruban 
           s’achemine dans le ciel
           bleu entre les nuages
           et tu voyages par toute la terre
           sans savoir où te fixer,
           ma vagabonde.


L

Printemps


Des hirondelles et des bourgeons
Chantent des airs de printemps
Sur les violons du vent.

L’eau alanguie au gré des rêves
Attend que l’astre se lève
Entre les arbres au firmament.

Les couleurs disséminées en caresses
Sur des lumières de fragrances
S’envolent en corolle sous le soleil de mai.

L